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Glossaire
Détaillé, Lettre I, numéro 08
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Glossaire Détaillé, Lettre I, numéro
07
Indifférence à
l’inceste , texte. Le
désir, la pulsion de vie , la
libido, avant même d’être sexuels,
personnels, sont déjà incestueux ou indifférents à
l’inceste. Des flux et des coupures de flux, de pures intensités.
C’est ce que disent Gilles Deleuze et Félix Guattari dans
l’Anti-Oedipe.
- <<Ce qui est désiré,
c’est le flux germinal ou germinatif intense, où l’on
chercherait en vain des personnes et même des fonctions discernables
comme père, mère, fils, soeur, etc, puisque ces noms n’y
désignent que des variations intensives sur le corps plein de la terre
déterminé comme germen. On peut toujours appeler
inceste, aussi bien qu’indifférence à
l’inceste, ce régime d’un seul et même être ou
flux variant en intensité d’après des disjonctions
inclusives (p. 191)>>.
Voir Possibilité de
l’inceste . Inceste naturel .
Prohibition de l’inceste . Prohibition de
l’inceste naturel .
Indifférenciation. Absence de
différenciation.
Voir
Syncrétisme.
Individu,
(/sujet), (/acteur). Le sujet n’est pas l’individu.
L’individu ne devient sujet que par la volonté d’être
un acteur.
- Par une équilibration de
l’ accommodation (adaptation à
l’environnement) et de l’ assimilation
(intégration active des données de l’environnement),
l’acteur cherche à modifier ou transformer
l’environnement plutôt que d’être
déterminé par lui.
- Cela n’est
possible que dans la communication et la
reconnaissance mutuelle. L’individu est aussi un des trois niveaux d’organisation.
Voir
Individu citadelle . Corps plein .
Corps virtuel . Moi-peau. Peau
d’inscription . Peau d’échange .
Individu citadelle , (/
Moi-peau), texte.
Représentation de la personne fortement imprégnée par les
valeurs et le sens de la vision .
- Influence de la
sémiotique visuelle sur les autres sémiotiques corporelles. La
personne est assimilée à son volume corporel. Elle est
délimitée par sa silhouette extérieure.
L’individu est perçu, par les autres et par lui-même, comme
une totalité, une citadelle, dont les
richesses sont enfermées à l’intérieur et qui, pour
cette raison, doit être défendue.
- Mais l’individu
citadelle ne compte que comme partie d’un tout, comme pierre de
l’édifice, pièce d’une armure. Il appartient
à une totalité. Il n’est qu’un
élément d’une organisation
hiérarchique , totalitaire, dont les intérêts
priment sur les siens. Le cas échéant, si la patrie est en
danger, il ne sera plus que de la chair à canon .
- Car la division politique du travail ne
réserve la fonction signifiante qu’à un
petit nombre de dirigeants. Elle distribue la fonction
guerrière et la fonction productive dans le
reste de la population.
Voir Sémiotique
corporelle . Langage du corps .
Sujet. Acteur. Origine de la
totalité . Corps plein . Corps
virtuel . Peau d’inscription . Peau
d’échange .
Individu
conforme , texte, version
intérieure de l’ individu citadelle . Individu
soumis au conformisme de l’intégration dans la
société et de la conformation aux rôles de ses
institutions d’appartenance. En
France, l’individu conforme se donne le but impossible de ressembler au
français moyen ou à l’individu
normal .
Voir Discours audible .
Bizutage. Harcèlement.
Normalité comme soumission .
Texte Paradoxe de la normalité.
Individu infinitésimal . (a) Une vision
cosmique ou cosmologique de l’ Univers qui ne met pas
l’homme au centre du monde (Ptolémée), comme le
matérialisme du premier
stoïcisme (Zénon de Citium, Cléanthe et
Chrysippe), peut aboutir, nolens volens , à une
dépréciation de l’
individu infiniment petit.
(b) En complément de
la vanité des tyrans antiques (Néron) ou
modernes (Hitler, Staline, Mao, Pol Pot, etc) qui méprisent la
vie des autres, le philosophe risque de se mettre dans une
situation de retrait, de passivité, de contemplation plus ou moins
douloureuse. Même courageuse, méritoire et stoïque
(Sénèque), cette vision physicaliste ne voit pas que ce vaste
monde n’est pas une simple horloge (modèle de
l’artefact ).
(c) Cette vision statique est maintenant
dépassée (big bang , dérive des
continents , évolution). Les machines
désirantes et le désir ont
participé à l’évolution, à la
co-évolution de la fleur et de l’
insecte pollinisateur et à l’évolution
conjointe de l’homme (parole) et du chien (flair ou
sens de l’odorat ).
(d) La vision
totalitaire ne peut voir le monde que comme une
totalité voulue selon un dessein divin
préalable (Le Créateur , La
Création ) ou soumise à un hasard
infernal. Partant du Tout, premier, cette totalité se distribuerait. Au
fur et à mesure de la mesure distributive , des
entités, de plus en plus petites et de plus en plus soumises
(domination comme principe , hiérarchie
auto-reproductible ), n’auraient d’autre choix que la
contemplation douloureuse et fataliste d’une
réalité subie .
Individu
normal , être imaginaire. Modèle absolu
de normalité des individus concrets. C’est ainsi que,
comme tout le monde , Monsieur Toulemonde
cherche à être un individu normal.
- Bien
qu’être imaginaire, l’individu normal n’est pas le
français moyen . Le français moyen est une
moyenne abstraite, la négation de la série,
l’effacement statistique de tous les écarts à la
norme. Il n’est donc pas un idéal, mais une
moyenne, un constat, un résumé abstrait des individus concrets.
- L’individu normal est la norme, le modèle,
l’idéal. Il est le Moi-idéal des
gens normaux de la série. Il est l’
idéal du Moi de Monsieur Toulemonde. Il porte les
espoirs de chacun. Il est un maximum abstrait des individus concrets. Il
réalise ce que Monsieur Toulemonde voudrait pouvoir réaliser en
souffrant de ne pouvoir le faire, son intégration
psychologique et son intégration sociologique
.
- L’individu normal est normatif. Comme le normatif est
dominant , l’individu normal impose le respect au
Moi à la manière du Sur-Moi.
- L’individu normal est tellement bien intégré
qu’il EST pas comme tout le monde .
- Il
apparaît ainsi que le classique: “tu ne pourrais donc pas
être comme tout le monde” est, en fait, une injonction
paradoxale .
Voir Norme naturelle .
Norme culturelle . Le normal est normatif .
Exclusion de Monsieur Toulemonde . Désir et
souffrance . Souffrance. Souffrance et
identification .
Texte Paradoxe de la
normalité.
Individu Robinson ,
(/organisation Crusoé), (/île de Robinson), texte, lors du naufrage de son navire,
l’individu Robinson nage et lutte pour ne pas mourir. Cette survie ou
épreuve qualifiante , est un don qui
requiert de nombreuses compétences pour ne pas se
transformer en désespoir.
- C’est par la
médiation de l’ organisation Crusoé que
le héros va développer les compétences
nécessaires à sa performance. Cette performance
est la mise en valeur de l’ île de
Robinson . Le titre de gouverneur lui sera décerné et
reconnu à l’issu de l’ épreuve
glorifiante qui se déroule dans la 28 ème année.
Voir Héros. Travail
amoureux . Hospitalité de Robinson .
Vendredi.
Individualisme, (=
Touraine), texte. Les deux faces de
l’individualisme.
- <<Il me semble même plus
important de séparer une définition sociale et une
définition non sociale de l’individu que d’opposer les
sociétés holistes anciennes et individualistes modernes, puisque
les deux types de société ont deux faces, puisque l’
individu pris dans les rôles que lui impose la
communauté n’est pas fondamentalement différent de
l’individu qui agit en fonction de sa situation sociale et des
incitations très efficaces du marché et que,
parallèlement, le renonçant des sociétés holistes
est proche de l’individu moderne qui en appelle à des droits
universels de l’homme, et en particulier du dissident ou du
résistant qui s’oppose, au péril de sa vie, à un
ordre social qu’il estime contraire à la dignité humaine
(p. 113)>>.
Voir Individu citadelle .
Moi-peau. Corps plein . Corps
social . Corps virtuel .
Personnalité.
Individuation, (= Touraine), texte. produire ses propres règles, donner un
sens à sa vie par l’élaboration d’un projet
personnel amenant à rentrer en contact avec d’autres qui vivent
des projets différents mais complémentaires. Processus
permettant d’échapper aux effets déstructurants des
doubles contraintes imposées par des
institutions qui visent la stabilité dans un contexte
en perpétuel changement.
- <<L’individuation
s’éprouve positivement aussi, comme expérience d’une
combinaison vécue entre le monde de l’économie et celui de
la culture. C’est dans la sexualité, dans les
rapports amoureux, qu’elle se réalise le plus visiblement.
Là aussi se fait sentir l’éclatement de l’
expérience vécue (p. 82)>>.
Voir Recherche du bonheur .
Expérience physique . Expérience
logico-mathématique . Relation sexuelle .
Relation amoureuse . Monde du travail .
Monde de l’amour .
Indo-européen, texte. Ensemble de l angues
naturelles dont on suppose, par leurs ressemblances
comme par leurs différences, qu’elles ont un
origine commune: l’indo-européen.
- <<Indo-européen qualifie une famille de langues dont
font partie le sanscrit, le latin, les langues romanes, l’allemand,
l’anglais, le russe, etc.... Les recherches sur la parenté
génétique des langues furent longtemps paralysés par le
mythe de l’hébreu langue mère. En s’en
libérant, les précurseurs de la linguistique comparative (en
particulier les frères Schlegel, 1808, et Ramus Rask, 1818), par leurs
recherches sur le sanscrit, confronté avec les langues d’Europe,
furent amenés à dégager la notion de langues
européennes.... L’indo-européen est une “famille de
langues” mise en évidence par la méthode comparative.
Cette méthode, en effet, consiste à rapprocher les formes
attestées dans les différentes langues
considérées. (Encyclopédie Hachette)>>.
Voir Rapprochements entre langues .
Idéologie tripartite . Trois ordres .
Trois niveaux .
Induction, texte, manière de raisonner consistant à
inférer une chose d’une autre, à aller des effets à
la cause, des faits particuliers aux lois qui les régissent.
- David Hume et Karl Popper ont, à juste titre,
critiqué un abus de l’induction qui consiste à
inférer une loi générale ou universelle de la
multiplication des expériences identiques.
- La
réalité n’a pas de raison particulière de se
prêter aux régularités qui nous simplifieraient la tache.
- Le fait que je me réveille tout les matins, depuis de
très nombreuses années, ne prouve pas qu’il en ira ainsi
jusqu’à la fin des temps.
Inexprimable, texte. Quand un vécu nous
semble inexprimable, il importe de savoir s’il est
indicible par soi-même ou s’il est
inaudible par les autres. Le silence des
mots est normal. Il n’est pas définitif. Il ne doit
surtout pas devenir le silence de la pensée ni le
silence des sentiments . Car c’est alors que se
développent les bruits du corps pour l’individu.
L’Histoire nous montre qu’ils sont suivis par les bruits
de la foule , la fureur des armes et l’horreur des camps. Pour éviter le
silence de la pensée et les bruits du corps, il faut rendre le
vécu personnel exprimable. C’est le but de l’
écriture remède , face à soi-même.
C’est aussi le but des ateliers
d’écriture locaux ou à distance, avec d’autres.
L’indicible devient dicible. Puis la parole de
vérité devient audible. C’est le
seul moyen de soulager la mémoire corporelle de sa
souffrance. On transforme ainsi le vécu en une
expérience dont on peut tirer la leçon, pour
soi et pour d’autres.
Voir Vie.
Mort. Mort sociale . Mort du
verbe . Mort de la chair . Discours
anti-suicidaire . Discours de vérité .
Infâme. texte.
(A) Est infâme ce qui est avilissant ou honteux.
- (a)
C’est le cas d’un acte infâme par lui même et infamant
pour son auteur. Un lieu sera infâme s’il est sale ou
répugnant: un taudis est facilement infâme.
- (b)
Infâme est le contraire de fameux. Si le fameux est re-nommé (on
disait “deux fois nommé” dans les distributions de prix de
mon enfance) l’in-fame n’est pas nommé. Il est innommable.
- (B) L’infamie est la pire des hontes. <<O rage ! ô
désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant
vécu que pour cette infamie ? Et ne suis-je blanchi dans les travaux
guerriers que pour voir, en un jour, flétrir tant de lauriers ?
(Corneille, Le Cid, I, 4, Don Diègue)>>.
- Un noble, un
vieillard dont on reconnaît les exploits passés
<<mon bras qui tant de fois a sauvé cet empire, tant de fois
raffermi le trône de son roi (Don Diègue)>> et dont on
admet le sang bleu intemporel, ne peut vivre infâme. Il
peut reconnaître la faveur qui fait les honneurs. <<Ne parlons
plus d’un choix dont votre esprit s’irrite. La faveur l’a pu
faire autant que le mérite>>. Mais il ne peut pas admettre le
geste du déshonneur. <<Un soufflet ! L’insolent en eut
perdu la vie, mais mon âge a trompé ma généreuse
envie>>. Souffler n’est pas jouer . Souffleter
encore moins, surtout dans la cour des grands. Par les contraintes du
spectacle social , le noble ne peut vivre sans les trompettes
de la renommée, sans l’ éclat de la
gloire. <<Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour.
(Corneille, Le Cid, I, 5, Don Diègue)>>.
- Pour un femme
bien née, promise à des grands d’Espagne ou
d’ailleurs, mieux vaut renoncer à l’espoir
de l’amour charnel et de la procréation que de
seulement penser à un homme sans honneur. Que sa noblesse survive dans
mon souvenir après sa mort, oui. Mais que son sang, devenu impur par
l’affront subi, puisse continuer à couler dans ses veines, non !
Mieux vaut sa mort. Viva la muerte. <<Ma plus douce espérance est
de perdre l'espoir. (Corneille, Le Cid, I, 2, l'infante)>>.
- Pour
un jeune combattant, choisi pour représenter l’espoir et la
liberté de tout son peuple, comme les Horace face aux Curiace, la mort
est préférable à la défaite. La fuite au combat
est pire que tout.
<<Julie.
Que vouliez-vous qu'il
fît contre trois ?
Horace.
Qu’il mourut !
(Corneille, Horace, III, 6)>>.
Voir
Inaudible. Indicible.
Infamie. L’in-famie est l’inverse
de la famie, des trompettes de la renommée. Mais, comme <famie>
n’existe pas, l’infamie est la caractéristique de celui qui
n’est pas fameux. C’est au nez et à
l’ odeur que l’on reconnaît le fumet
particulier du fameux.
- Le <surnom d'infâme irait comme un
gant> à ce fameux con qui <employa le
premier> la <sanglante injure> pour désigner
ce grand ami de l’homme qu’est le sexe de la
femme . Il est probable qu’il fut aussi un in-femme.
- Georges Brassens s’attribue le surnom d’
in-femme parce que <de ma femme, j’ai foutu le
camp>. Il est bon de savoir que c’était à force de lui
<voir toujours le nez au milieu de la figure>,
qu’il l’avait dans le nez . Autrement dit, non
seulement il ne pouvait plus la sentir, mais il ne pouvait plus la voir en
peinture.
Voir Sens de l’odorat .
Cinq sens . Avoir du nez .
Régime de saturation . Régime de
pénurie . Sens de la vision .
Infant. Du latin infans, qui ne parle pas, qui
n’a pas droit à la parole.
- Infant et infante sont les
titres des enfants puînés des rois d'Espagne et
de Portugal.
- L’infant n’a pas de droit à faire
valoir pour occuper le trône royal tant que l’aîné
est vivant et fécond.
Auteur
Hubert Houdoy
Créé le 26 Décembre 1998
Modifié le 1 er Octobre 1999
Suite
Glossaire Détaillé, Lettre I, numéro
09
Lettre J
Glossaire Alphabétique, Lettre J
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Mise à jour: 16/07/2003